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54. | The White Matter
 
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  • 2019, hard hat interiors, cables, pedestal and glass case, 25 x 22 x 20cm.
    Courtesy of the artist, Wilde Gallery, Geneva and Ceysson & Bénétière, Paris.
    Ed. of 5 + 1 A.P.

'' The sculpture The White Matter is a warning against the very real risk of dehumanization, progressively yielding decision-making to information and communication technologies. ''


Studio Fatmi, May 2020
 




Sculpture obtenue par l’enchevêtrement de coiffes de casques de chantier en plastique souple et de fils électriques de différentes couleurs, « The White Matter » fait partie d’une série d’œuvres du même titre, menant une réflexion sur les effets physiologiques, cognitifs, psychologiques ou sociaux des technologies sur l’être humain. Ils s’exercent à des niveaux si profonds, qu’ils échappent souvent à notre perception.

La matière blanche renvoie à la fois à la substance blanche présente dans le cerveau, milieu par lequel transitent les messages nerveux, et aux réflexions de Fritz Heider et Marshall Macluhan sur la théorie des médias et le développement des nouvelles technologies d’information et de communication, envisagées comme de véritables prolongements psychiques et physiques de l’être humain.

La sculpture se présente comme un organisme livré à l’observation clinique. On peut imaginer cet objet extrait directement du crâne de l’artiste. Il s’agirait alors d’une espèce de prothèse intrusive, dont la forme générale rappellerait la complexité des réseaux neuronaux, marquant ainsi l’hybridation de l’humain et de la machine. L’état d’abandon apparent, de séparation d’avec l’hôte qui en a été le porteur confère cependant à l’objet une allure de bricolage en voie d’obsolescence.

« The White Matter » se laisse difficilement appréhender en tant que forme. Perte du centre, absence de repère géométrique ou de régularité dans la composition, le dispositif sculptural met à l’épreuve les capacités sensorielles et intellectuelles du spectateur. Son réseau de liens menace à tout moment d’emprisonner ce dernier dans une illusion labyrinthique. L’impression d’inextricable qui s’en dégage relève d’une esthétique du piège : il s’agit de capter le regard du spectateur afin de l’obliger à sortir de la passivité et à varier les points de vue en se déplaçant autour de l’objet observé.

La sculpture « The White Matter » met en garde contre un risque important de déshumanisation, laissant place petit à petit aux nouvelles technologies d’information et de communication, le pouvoir de prise de décision. Elle affirme finalement l’exploration artistique malgré l’inquiétude à propos de cette grande accélération de la technologie et ses incertitudes. Un parti-pris esthétique du branchement et des connexions s’exprime à travers la sculpture : mounir fatmi appelle régulièrement les philosophes du 20e siècle à la rescousse, multipliant les liens avec leurs pensées et renouvelant ainsi les pistes de réflexion.

 
Studio Fatmi, Mai 2020.

 

 

 

 A sculpture made out of a jumble of flexible plastic hard hat interiors and colored electric wires, The White Matter is part of a series of works bearing the same title that examine the physiological, cognitive, psychological and social effects of technologies on humans. They act on such a deep level that we often don’t perceive them.

The white matter refers to both the white substance in our brains that transmits nervous messages and to Fritz Heider and Marshall McLuhan’s reflections on the theory of media and the development of new information and communication technologies, perceived as actual psychological and physical extensions of the human being.

The sculpture resembles an organism subject to clinical observation. One can imagine this object was directly extracted from the artist’s skull, like some sort of intrusive prosthetic whose shape is vaguely evocative of the complexity of neural networks, thus heralding the hybridization of man and machine. Yet the object’s apparent state of dereliction and its separation from the host who carried it give it a makeshift appearance, as if on the verge of obsolescence.

The White Matter is a shape that is difficult to apprehend. Devoid of a center, without any geometrical reference points nor regularity in its composition, the sculptural apparatus challenges the viewer’s sensory and intellectual capacities. Its network of connections is constantly threatening to trap them in a maze-like illusion. The impression of inextricability that emanates from it is part of an esthetic of entrapment: the idea is to capture the viewer’s gaze un order to force them out of passivity and to adopt different perspectives by moving around the observed object.

The sculpture The White Matter is a warning against the very real risk of dehumanization, progressively yielding decision-making to information and communication technologies. Lastly, it reaffirms artistic exploration despite this worrying acceleration of technology and its uncertainties. An esthetic parti-pris in favor of links and connections is expressed through sculpture: mounir fatmi frequently calls upon 20th century philosophers for help, multiplying connections to their thought and thus renewing paths for reflection.

 

 

 

Studio Fatmi, May 2020.