mounir fatmi
   
   
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«Le mot 'entre' est ici un mot-clef qui ouvre une boîte à outils, voire de

Pandore, car il faut également l'entendre au sens de 'milieu' et de

'médium', des notions essentielles ici, en référence à Gilles Deleuze et au théoricien de la communication Marshall McLuhan»

Henri-François Debailleux, Le Journal des Arts, 2019.
 

mounir fatmi est né à Tanger au Maroc, en 1970. À l’âge de quatre ans, sa famille déménage à Casablanca. A dix-sept ans il part à Rome où il s’inscrit à l’école libre de nu et de gravure à l’académie des beaux-arts, puis à l’école des beaux arts de Casablanca et finalement à la Rijksakademie à Amsterdam. 

Il passe son enfance dans le marché aux puces du quartier Casabarata, un des quartiers le plus pauvres de la ville de Tanger où sa mère vendait des vêtements pour enfants. Un environnement qui multiplie jusqu’à l’excès les déchets et les objets de consommation en fin de vie. L’artiste voit par la suite cette enfance comme sa première éducation artistique et compare ce marché aux puces à un musée en ruine. Cette vision a également valeur de métaphore et exprime les aspects essentiels de son travail. Influencé par l’idée de médias morts et l’effondrement de la civilisation industrielle et consumériste, il développe une réflexion sur le statut de l’œuvre d’art entre Archive et Archéologie.

Il utilise des matériaux obsolètes tels que les câbles d’antenne, les anciennes machines à écrire, ou les cassettes VHS, et travaille sur la notion d’une archéologie expérimentale en examinant le rôle de l’artiste au sein d’une société en crise. Il joue des codes et préceptes de cette dernière sous le prisme de la trinité Langage, Architecture et Machine. Il interroge ainsi les limites de la mémoire, du langage et de la communication, tout en réfléchissant sur les matériaux en cours d’obsolescence et à leurs avenirs incertains. La recherche artistique de mounir fatmi, constitue une pensée sur l’histoire des technologies et leurs influences dans la culture populaire. Il faut voir ainsi dans ses œuvres, de futures archives de médias en construction. Bien qu’ils marquent des moments clés de notre histoire contemporaine, ces matériaux techniques remettent également en question le transfert de connaissances, le pouvoir suggestif des images et critiquent les mécanismes illusoires qui nous lient à la technologie et aux idéologies.

Depuis 2000, les installations de mounir fatmi ont été sélectionnées dans plusieurs biennales, la 52e et la 57e Biennale de Venise, la 8e Biennale de Sharjah, la 5e et la 7e biennale de Dakar, la 2e Biennale de Séville, la 5e Biennale de Gwangju, la 10e Biennale de Lyon, la 5e triennale d’Auckland, la 10e et 11e biennale de Bamako, la 7e Biennale d’architecture, Shenzhen, à la triennale de Setouchi et la triennale Echigo –Tsumari, au Japon. Son travail a été présenté au sein de nombreuses expositions personnelles, au Migros Museum für Gegenwarskunst, Zürich. Mamco, Genève. Musée Picasso, la guerre et la paix, Vallauris. Fondation AK Bank, d’Istanbul. Museum Kunst Palast, Düsseldorf et au Goteborg Konsthall. Il a participé à plusieurs expositions collectives au Centre Georges Pompidou, Paris. Brooklyn Museum, New York. Palais de Tokyo, Paris. MAXXI, Rome. Mori Art Museum, Tokyo. MMOMA, Moscou. Mathaf, Doha. Hayward Gallery et Victoria & Albert Museum, Londres. Van Abbemuseum, Eindhoven, au Nasher Museum of Art, Durham et au Louvre Abu Dhabi.

Il a reçu plusieurs prix dont le Uriöt prize, Amsterdam, le Grand Prix Léopold Sédar Senghor de la 7e Biennale de Dakar en 2006 ainsi que le prix de la Biennale du Caire, en 2010.

 

 

mounir fatmi was born in Tangiers, Morocco, in 1970. When he was four, his family moved to Casablanca. At the age of 17, he traveled to Rome where he studied at the free school of nude drawing and engraving at the Academy of Arts, and then at the Casablanca art school, and finally at the Rijksakademie in Amsterdam.

He spent most of his childhood at the flea market of Casabarata, one of the poorest neighborhoods in Tangiers, where his mother sold children’s clothes. Such an environment produces vast amounts of waste and worn-out common use objects. The artist now considers this childhood to have been his first form of artistic education, and compares the flea market to a museum in ruin. This vision also serves as a metaphor and expresses the essential aspects of his work. Influenced by the idea of defunct media and the collapse of the industrial and consumerist society, he develops a conception of the status of the work of art located somewhere between Archive and Archeology.

By using materials such as antenna cable, typewriters and VHS tapes, mounir fatmi elaborates an experimental archeology that questions the world and the role of the artist in a society in crisis. He twists its codes and precepts through the prism of a trinity comprising Architecture, Language and Machine. Thus, he questions the limits of memory, language and communication while reflecting upon these obsolescent materials and their uncertain future. mounir fatmi’s artistic research consists in a reflection upon the history of technology and its influence on popular culture. Consequently, one can also view mounir fatmi’s current works as future archives in the making. Though they represent key moments in our contemporary history, these technical materials also call into question the transmission of knowledge and the suggestive power of images and criticize the illusory mechanisms that bind us to technology and ideologies.

Since 2000, Mounir fatmi’s installations were selected in several biennials, the 52nd and 57th Venice Biennales, the 8th Sharjah Biennale, the 5th and 7th Dakar Biennales, the 2nd Seville Biennale, the 5th Gwangju Biennale, the 10th Lyon Biennale, the 5th Auckland Triennial, the 10th and 11th Bamako Biennales, the 7th Shenzhen Architecture Biennale, the Setouchi Triennial and the Echigo-Tsumari Triennial in Japan. His work has been presented in numerous personal exhibits, at the Migros Museum, Zurich. MAMCO, Geneva. Picasso Museum La Guerre et la Paix, Vallauris. AK Bank Foundation, Istanbul. Museum Kunst Palast, Düsseldorf and at the Gothenburg Konsthall. He also participated in several collective exhibits at the Centre Georges Pompidou, Paris. Brooklyn Museum, New York. Palais de Tokyo, Paris. MAXXI, Rome. Mori Art Museum, Tokyo. MMOMA, Moscow. Mathaf, Doha, Hayward Gallery and the Victoria & Albert Museum, London. Van Abbemuseum, Eindhoven, at Nasher Museum of Art, Durham and Louvre Abu Dhabi.

He has received several prizes, including the Uriöt prize, Amsterdam, the Grand Prix Léopold Sédar Senghor at the 7th Dakar Biennale in 2006, as well as the Cairo Biennale Prize in 2010.