2001 - 2004 Résidence Centre culturel le Chaplin,
Mantes-la-Jolie
L'immigré n'a pas d'image
La question de limage du quartier constitue le point central
dOvalprojet. Pourquoi cette image est-elle forcément
restrictive, marquée par des clichés médiatiques
et culturels ?
En effet, le quartier est souvent montré à la
télévision pour illustrer des sujets sur la violence,
linsécurité, la délinquance... Face
à ce traitement télévisuel, les habitants
se sentent dune certaine manière trahis car ils
ressentent intimement et dans leur vie quotidienne les conséquences
indirectes de ce traitement médiatique. Ils ne se reconnaissent
pas dans cette télévision. Beaucoup se tournent
alors vers les chaînes de leur pays dorigine et
des pays culturellement proches quils captent via les
paraboles. Mais là aussi, ils ne se retrouvent pas dans
ces télés qui ne traitent pas non plus de leur
situation dimmigré. En fait, je pense que limmigré
na pas dimage. Ni la perception médiatique
du pays daccueil ni celle du pays dorigine ne le
représente réellement.
Placer le quartier au centre du monde
Le quartier nest pas un pays ni une ville, le quartier
ne peut être quun projet. Ainsi, cette idée
du projet pousse à la construction et non au contraire.
Envisager ce quartier comme une plate-forme de création
consiste à le placer au centre du monde pour en faire
le point de rencontre entre les 96 nationalités qui le
peuplent. Cela permet ainsi douvrir le local vers linternational.
Diffuser là-bas pour être vu ici
Lobjectif ici est la création et la diffusion
des images, faire partie de cette boucle qui relie la parabole
à la télévision du pays dorigine.
Diffuser là-bas pour être vu ici. Cest
une tentative de concevoir un système d'images qui
circulent, des images destinées à la communauté
des immigrés installés en Europe ou ailleurs
et qui par le biais des paraboles reçoit les images
en provenance de leurs propre pays. Cela permet dexpérimenter
et dexplorer de nombreuses problématiques, dons
la notion de lexil, de la relation de lindividu
et du groupe, de "limage de limmigré"
ainsi que "limage immigrée".
lire aussi le texte de Michèle
Cohen Hadria,
Mon public c'est la personne à côté de moi
|
The immigrant does not have an image
The question of the image of the district is the crux of Ovalprojet.
Why is this image inevitably restrictive, marked by media
and cultural stereotypes?
Actually, the district is often shown on television in order
to illustrate reports on violence, insecurity, delinquency
Faced with this image reflected by television, the inhabitants
feel betrayed in a certain way because they feel in an intimate
manner and in their everyday life the indirect effects of
such media coverage. They don't recognize themselves in this
television. Many turn to the channels broadcast from their
country of origin and from countries which are close from
a cultural point of view; they use satellite dishes to pick
up these channels. But they don't recognize themselves either
in these foreign channels for the latter do not deal with
their situation as immigrants. In fact, I think that the immigrant
does not have an image. Neither the media processing of the
host country nor that of the country of origin really represents
what he/she is.
Setting the district in the centre of the world
A district is neither a country nor a city, a district can
only be a project. Thus, this idea of project leads to construction
and not the opposite.
Considering this district as a platform for creation boils
down to placing it in the centre of the world in order to
turn it into the meeting point of the 96 nationalities of
its population. It is thus possible to turn something local
into something international.
Broadcasting from over there
in order to be watched here
The goal here is the creation and broadcasting of images so
as to be part of this loop which connects the satellite dish
to the television of the country of origin. Broadcasting from
over there in order to be watched here. It is an attempt to
create a system of images which circulate, images intended
for the community of immigrants in Europe or elsewhere, a
community that manages to pick up the images coming from their
own country thanks to satellite dishes. Such a process makes
it possible to test and explore many sets of problems, among
which are the notion of exile and the relation of the individual
to the group, "the image of the immigrant" as well
"the immigrant image" |