L'immigré n'a pas d'image
La question de limage du quartier constitue le point central
dOvalprojet. Pourquoi cette image est-elle forcément
restrictive, marquée par des clichés médiatiques
et culturels ?
En effet, le quartier est souvent montré à la
télévision pour illustrer des sujets sur la violence,
linsécurité, la délinquance... Face
à ce traitement télévisuel, les habitants
se sentent dune certaine manière trahis car ils
ressentent intimement et dans leur vie quotidienne les conséquences
indirectes de ce traitement médiatique. Ils ne se reconnaissent
pas dans cette télévision. Beaucoup se tournent
alors vers les chaînes de leur pays dorigine et
des pays culturellement proches quils captent via les
paraboles. Mais là aussi, ils ne se retrouvent pas dans
ces télés qui ne traitent pas non plus de leur
situation dimmigré. En fait, je pense que limmigré
na pas dimage. Ni la perception médiatique
du pays daccueil ni celle du pays dorigine ne le
représente réellement.
Placer le quartier au centre du monde
Le quartier nest pas un pays ni une ville, le quartier
ne peut être quun projet. Ainsi, cette idée
du projet pousse à la construction et non au contraire.
Envisager ce quartier comme une plate-forme de création
consiste à le placer au centre du monde pour en faire
le point de rencontre entre les 96 nationalités qui le
peuplent. Cela permet ainsi douvrir le local vers linternational.
Diffuser là-bas pour être vu ici
Lobjectif ici est la création et la diffusion
des images, faire partie de cette boucle qui relie la parabole
à la télévision du pays dorigine.
Diffuser là-bas pour être vu ici. Cest
une tentative de concevoir un système d'images qui
circulent, des images destinées à la communauté
des immigrés installés en Europe ou ailleurs
et qui par le biais des paraboles reçoit les images
en provenance de leurs propre pays. Cela permet dexpérimenter
et dexplorer de nombreuses problématiques, dons
la notion de lexil, de la relation de lindividu
et du groupe, de "limage de limmigré"
ainsi que "limage immigrée".
lire aussi le texte de Michèle
Cohen Hadria,
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