« L’homme sans cheval », 01, 02, 03
L’homme sans cheval se présente comme une trilogie autour de trois formes connexes de chute, physique, métaphysique, historico-politique. Elle s’offre comme une réflexion globale sur la condition précaire d’une humanité ancrée dans ses certitudes de maîtrise, mise en danger tant par un « principe d’indétermination », que l’on pourrait tout aussi bien appliquer à l’existence humaine comme forme de l’absurde, que par les options historiques qu’elle détermine et oriente dans cette illusion historiciste dénoncée par Popper : confronté à une destinée sans finalité, le pouvoir de l’homme vacille sur ses fondements.
mouvement 01
Aux images de courses de chevaux, de sauts d’obstacles, se surimpriment dans un montage répétitif des vues de sculptures monumentales de chevaux. L’univers de la compétition hippique semble ici fonctionner comme une sorte de parabole, nous mettant sur la piste de la relation mythologique de l’homme et de la nature, d’une symbolique de la maîtrise de la monture, pourtant force, puissance, vitesse, héroïsme. La répétition sérielle jusqu’au vertige offre une succession de sauts d’obstacles réussis. Jusqu’ici tout va bien…
Mais, dans un second temps, les images s’emballent, à toute vitesse, dans tous les sens, le montage en « cut » saccadés superpose images de sauts, de conquérants, d’obstacles… puis de chutes de cavalier comme une fatalité, comme si la maîtrise de la nature, de l’animal n’était qu’une illusion, et qu’inévitablement, d’une manière ou d’une autre, on chute face à l’obstacle. Simple faiblesse physique ou échec de l’intelligence face au hasard, ou encore du projet cartésien de maîtrise et de possession de la nature ? A quelques centimètres près, le cavalier aurait sauté l’obstacle sans encombre…
Alors advient la nécessité, sans doute plus éthique qu’ontologique, de se relever malgré tout, de « ne pas regarder derrière soi », de continuer à avancer.
Marie Deparis, Paris 2007
vidéo distribuée par
Heure exquise ! www.exquise.org
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