Propagandes est une sculpture réalisée à partir de K7 VHS empilées les unes sur les autres et constitue une sorte de cube noir. L’utilisation d’un matériau, bientôt devenu obsolète à l’ère de la numérisation, interroge la fin de l’œuvre elle-même mais surtout une certaine idée de l’absence de l’image. Telle une boîte de Pandore dont les secrets sont bien gardés, cette sombre architecture se présente comme une entité satellitaire et auto-suffisante à laquelle il est difficile d’avoir accès et qui reste pourtant le principal prescripteur de l’information dans certaines sociétés. L’artiste critique ainsi un système de sécularisation et d’instrumentalisation de l’image qui encourage le prosélytisme et annihile les consciences. Comment construire les modalités d’un meilleur vivre ensemble avec l’image ? Serait-ce une gageure de croire qu’une image peut-encore faire sens alors que des idéologies différentes en génèrent au quotidien? Finalement, qu’est ce qui distingue information et désinformation ? Puisque « Dieu s’est fait verbe », le pouvoir religieux, du haut de sa tour de Babel, institutionnalise l’iconoclasme à une époque où chacun de nous devrait pouvoir disposer des moyens techniques d’être un homo communicas. Dans cette interprétation d’un motus vivendi radical et religieux, chaque K7 est le tiroir d’une nouvelle doctrine propagandiste et l’édifice tout entier se lie en filigrane d’une architecture à renverser afin d’entamer une vraie archéologie de l’image. |