2004,
cube en bois peint
Nouvelles propositions est une sculpture qui mise expressément sur l’expérience sensitive du regardeur dans un rapport d’appropriation direct de l’objet. Posé sur un socle, un cube noir à bandes blanches est construit sur une esthétique minimaliste qui puise sa force dans une économie des matériaux. La réduction des lois de l’optique et de la géométrie aux principes de la sculpture font de cette œuvre la métaphore d’une installation architecturale. Ainsi, l’ascétisme des lignes participe d’une transsubstantiation de l’objet-cube devenu figure symbolique de « La Mecque ». Également appelée « La Cité Bénie » parce que dans les profondeurs du bassin de la ville se dresse l’ancien temple cyclopéen qui, selon le Coran, a été bâti par Abraham en l’honneur de l’Eternel. La Mecque est cette double architecture de l’invisible, consacré au divin et dont la représentation est interdite. Transfiguré, le lieu saint de l’islam progresse alors dans une force éruptive pour se laisser apprivoiser par ses nouvelles configurations. Tout se tient et rien ne se maintient. L’œuvre est cet objecteur de conscience qui affranchit toutes les limites symboliques entre le voir et le toucher, le regardeur et l’artiste, le sacré et le profane. Dans un goût patent pour le déchiffrement, l’œuvre alimente ce rapport actif voire convulsif, qui donne à lire les possibles oppositions des modalités de son existence.
|
|