série
commencée en 1996,
photographies couleur, tirage argentique,
dimensions variables
En 1998, Mounir Fatmi commence la série de portraits photographiques Témoins qui consiste à lier, sous la forme d’un contrat moral, le regardeur d’une œuvre à l’artiste. Leur relation se tisse à partir d’une question : « que fais tu dans la vie ? » réponse : « artiste ». Au sein de cette rencontre le témoin devient le dépositaire d’une histoire singulière, celle de son rendez-vous fortuit avec l’artiste où celui-ci l’aura transformé en l’un des gardiens de sa mémoire. Cette mise en abîme raconte simultanément une double histoire, celle de l’œuvre initialement vue et celle du regardeur à son tour portraituré. S’établissent alors deux écarts au réel dont le premier renferme la vérité de l’œuvre initiale dans l’œil de celui qui pourra témoigner de son existence et le second qui transforme le complice de l’artiste en sujet d’une nouvelle proposition artistique. La série de photographies Témoins a cette valeur de trace qui rend compte de l’expérience sensible de l’artiste avec celui qui « voit » et surtout qui « a vu » ce que nous, regardeurs, ne voyons pas. Dans cette approche ritualiste, mounir Fatmi se soumet au contexte et se laisse dicter sa conduite par son sujet qui, apparaît comme une entité souveraine, et dont la mémorisation de l’objet absent fait de lui un être omniscient.
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