| 12. 500 mètres de silence l 500 Meters of silence |
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Ecrans
noirs, centre d'art contemporain
intercommunal, Istres, 2005 |
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2004-2005. câbles
d'antenne, tréteau, tissu blanc, peinture murale,
bande
sonore,
dimensions variables
Linstallation 500 mètres
de silence est conçue comme une écriture,
un réseau calligraphique connecté à notre
imaginaire. Ne donnant absolument rien à voir, le dispositif
de linstallation nous pousse à se souvenir de
ce quon a déjà vu ou penser avoir vu.
Ce tissage sans commencement ni fin dessine des arabesques,
envahit lespace et évoque au premier abord le
vocabulaire plastique de la culture islamique. Le matériau
ici nest plus la peinture, le stuc, ou la mosaïque
de lislam médiéval, mais un câble
dantenne blanc.
Les cinq cents mètres de câbles dantennes
coupés et privées de leur fonction de transmission
sont déroulés au sol sétendent
et contraste avec la peinture et le son. Ils se transforment
en un simple élément plastique et décoratif.
Cest avec cet enchevêtrement de câbles envahissant
quest représenté une certaine horreur
du vide et une forme d «all over» de linformation
et de sa surmédiatisation.
Dun côté linstallation fonctionne
comme un chaos organisé et dun autre elle crée
une rupture, et ce qui a relié, sépare, exaspère
et cristallise la peur, le danger et la violence. La transmission
de linformation ressemble à ce réseau
ininterrompu de lignes calligraphiées aux entrelacs
séduisants et décoratifs dont la beauté
formelle capture et détourne le sens des choses.Limage
peinte sur le mur montre un chien attaché et privé
de nourriture, le grognement du chien qui samplifie
dans linstallation nous renvoie directement à
la fameuse expérience dIvan Petrovich Pavlov
(1849-1936)1. Cette expérience consistait
à activer la salivation de lanimal en lui présentant
de la nourriture pour recueillir des échantillons de
salive. Après plusieurs jours, le chercheur se rendit
compte que le chien commençait à saliver simplement
en entendant ses pas qui sapprochaient. Pavlov répéta
alors lexpérience en faisant sonner une cloche
peu avant lheure du repas. Résultat : le son
de la cloche faisait saliver le chien. Les psychologues sociaux
ont adapté le même modèle animal initial
pour théoriser les influences publicitaires sur les
consommateurs.
Ses résultats expérimentaux ont permis de mettre
en lumière les interactions entre attitude explicite
et attitude implicite. On peut sinterroger alors sur
notre société et dans quelle mesure le flot
dinformation comme son absence nous conditionne et influence
nos facultés de jugement et nos opinions. Dans son
texte « lintelligence dun réseau
explosif »2 Michèle Cohen Hadria parle «
de la confusion linguistique et symbolique quengendre
la surenchère dinformations marchandisées
et orientées, les messages journalistiques nen
jouxtent pas moins des drames humains, réels. »
Elle pose ainsi la question, « comment lire ce présent,
dans son épaisseur énigmatique et chargée
? »
1. D. Courbet et M.P. FOURQUET (2003), « Métaphore
du chien de Pavlov et influence de la publicité. Etude
critique du conditionnement classique au sein de la socio-cognition
implicite », Communication et Organisation, 23,
pp. 25-48.
2. Michèle Cohen Hadria, « lintelligence
dun réseau explosif » texte sur mounir
fatmi pour lexposition « Meeting Point » the stenersen museum, Oslo (2005)
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